En France, le manga porté par le Web
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Une communauté d'une densité unique Dès le milieu des années 90, l'internet a permis aux fans de manga de se rencontrer et de s'organiser pour publier des fanzines ou mettre sur pied des conventions. Aujourd'hui, le net permet aux amateurs de trier le bon grain de l'ivraie parmi le millier de mangas publiés et traduits en France chaque année. Mais c'est parce que le manga porte avec lui toute une culture qu'il génère en ligne tant d'échanges. Une culture du dessin d'abord, dont l'une des clefs révélatrices est le fan art : un dessin d'amateur - plus souvent encore d'amatrice - où il s'agit de reproduire au mieux ses héros préférés. Publiés à la fin des mangas (y compris en France), ses dessins pullulent sur les forums et entretiennent les liens entre auteurs, éditeurs et fans. Mais c'est surtout toute la culture japonaise qui s'offre au jeune lecteur et le fascine, au point qu'ils sont nombreux à tenter d'apprendre la langue. Les magazines - comme le titre historique qu'est Animeland - et les manga regorgent ainsi de «notes de compréhension» : des notes de bas de page expliquant les coutumes et les usages japonais. À ce monde entier qui s'ouvre au lecteur, ajoutez des récits particulièrement sensibles aux tourments adolescents, un peu d'ostracisme et d'incompréhension de la part des médias dominants (et des parents), et vous verrez surgir une culture au-delà la bande dessinée. Une culture dont les codes deviennent autant de signes de reconnaissance pour les ados. Vous en doutez ? Allez faire un tour à la Japan Expo. |