Travailler demain

Sans bureaux, patrons ni salariés, quelle société ?

Demain il n’y aura plus de salariés

Rappel : Nous sommes en 2025 ou 2030, la nouvelle économie a pris le pas sur la société de consommation.

Option 1 : la technologie est un outil collaboratif

Pour l’individu, le travail et la rémunération ne sont plus liés, tout comme la valeur et la monétisation ne l’est plus pour l’entreprise, c’est à dire qu’une société peut avoir beaucoup de valeur, cela ne signifie pas pour autant qu’elle gagne de l’argent. Aujourd’hui nous parlons d’activité et non plus de travail. Le salariat est devenu minoritaire et sa disparition est annoncée.

De nouveaux systèmes de solidarité basées sur des réseaux d’individus tentent de se mettre en place pour pallier l’écroulement du système de l’Etat providence. Les individus cumulent plusieurs activités, rémunérées ou non, celles qui ne le sont pas leur permettent d’obtenir des produits ou des services en échange (jardinage, covoiturage…), de la reconnaissance ou du sens. Le recours au do it yourself s’est aussi imposé, parfois pour le plaisir de faire les choses soi-même, mais le plus souvent par obligation.

L’impression 3D a popularisé le do it yourself et condamné la production industrielle centralisée et massive, provoquant des plans sociaux à répétition. Certaines personnes ont investi dans des capacités d’impression individuelle, d’autres utilisent des unités de production collective, privée ou collaborative.

La Poste a réussi le pari qu’elle avait formulé en 2014 et a transformé nombre de ses établissements ruraux en unité de production locale. Au lieu de recevoir un colis, vous recevez un fichier 3D qui est imprimé sur place. Le marché des matières premières pour imprimante 3D reste cependant un marché dominé par quelques grands groupes industriels. Certaines enseignes de bricolage ont pris le train du changement dès 2014, en se préparant à ses nouveaux modes de production, à l’image de Castorama qui développa des plateformes de conseils et d’entraide performantes.

Le secteur de l’échange non marchand et de la mutualisation des biens a également explosé, détruisant la valeur de nombreuses entreprises qui ont dû mettre la clé sous la porte. Streetbank ou Peerby organisent par exemple les prêts d’objets entre voisins.

Vidéo de présentation de Peerby (en anglais).

Au début il s’agissait de dépannage, aujourd’hui il s’agit d’un mode de fonctionnement très répandu. Presque plus personne ne pense à acheter individuellement un objet avant de s’enquérir de sa présence aux alentours.

C’est le règne de la décroissance et de la non propriété.

Option 2 : la technologie remplace les humains

Dès 2014, Kevin Kelly affirmait dans le mensuel Wired :

C’est peut-être difficile à croire, mais avant la fin de ce siècle, 70 % des emplois d’aujourd’hui sera remplacé par l’automatisation. Oui, cher lecteur, même votre travail vous sera enlevé par des machines. En d’autres termes, votre remplacement par un robot n’est qu’une question de temps.

Cette prédiction s’est finalement révélée exacte.

Dès 2014, Amazon, l’un des précurseurs dans l’emploi de robots, avait lancé des vagues de recrutements massifs de robots manutentionnaires pour gérer ses entrepôts géants. Au départ, les robots étaient là pour assiter les travailleurs humains, mais la technologie progressant, les humains ont fini par disparaître totalement des entreprôts d’Amazon.

Et les métiers intellectuels ont également été touchés, cela a commencé dans les grandes entreprises américaines : les algorithmes ont progressivement remplacé les doctorants, les statisticiens… Puis ce fut le tour du corps médical, du corps professoral, etc.

La robotisation du travail est telle qu’aujourd’hui le taux d’emploi des humains est devenu marginal. Il est dès lors impossible d’utiliser le travail comme moteur de redistribution des richesses. Des projets de mise en place d’un revenu d’existence sont testés un peu partout dans le monde pour tenter de sauvegarder un modèle capitaliste devenu entropique, ou esssayer d’inventer un nouveau modèle social, selon que vous soyez plutôt de droite ou plutôt de gauche.

Mais comme le disait déjà en 2013 l’économiste visionnaire Yann Moulier-Boutang :

Entre les figures de la cigale insouciante et de la fourmi industrieuse, s’interpose celle de l’abeille : son travail de pollinisation ne crée pas de valeur directe, mais aucune production ne pourrait exister sans lui. De même, chacun, par ses activités quotidiennes les plus anodines, participe indirectement à l’économie.

En attendant, pour survivre, beaucoup d’humains ont dû accepter de travailler en tant qu’assistant des robots, dans des conditions de travail inhumaines. En effet, les lieux de travail sont à présent adaptés aux robots, ce qui engendre des problèmes de sécurité conséquents pour les humains. Les humains ont pour mission de s’assurer que les robots ne manquent de rien et les remplacent au pied levé en cas de défaillance énergétique.

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