Le Grand Versailles Numérique

Le Grand Versailles Numérique

Quand les visites bien réelles sont enrichies par le virtuel

Internet, réalité virtuelle, 3D, géolocalisation, réalité augmentée, robot mobile, webcams pilotables à distance, etc. : le Grand Versailles numérique est un laboratoire, au sens fort du terme.

Depuis 2006, le Grand Versailles Numérique (GVN) imagine, teste puis déploie de nouveaux outils digitaux permettant d'enrichir la visite réelle ou virtuelle du domaine royal. En parallèle aux chantiers d'aménagement du Grand Versailles (2003-2020), ce vaste projet, mené en partenariat avec Orange, a pour objectif d'ouvrir de nouvelles clés d'accès aux visiteurs, qu’ils soient sur place ou à l'autre bout du monde.

Voici quelques-uns des jalons de cette odyssée dont le dernier exemple en date, «Versailles en direct», un dispositif pédagogique innovant de visites commentées à distance et en direct, cristallise à lui seul ce «nouvel âge» de la médiation patrimoniale, fil rouge de tous les dispositifs numériques imaginés, testés, déployés au cours de ces six années dans le cadre du château de Versailles…

Versailles en direct pour les élèves depuis leur classe

Depuis 2011, Orange et le château de Versailles proposent une expérience de visite du château et des jardins grâce à des visites interactives à distance à destination du public scolaire. Plus de 170 classes issues d’écoles des Yvelines, du Nord Pas de Calais et de la Marne participent à des visites du château de Versailles en direct  depuis leur salle de classe avec leurs professeurs. En se connectant à une plateforme collaborative en ligne, les élèves peuvent suivre collectivement à distance, via un tableau numérique interactif ou un vidéoprojecteur, une visite animée par un conférencier des Musées Nationaux, présent au Château.

Au cours de chaque séance d’une heure, le conférencier et la classe sont filmés par une webcam et échangent sur un programme varié (la construction du Château, la journée du Roi, les jardins de Versailles…). Le conférencier pilote également en direct des caméras installées dans les lieux les plus importants du domaine de Versailles (au-dessus de la galerie des Glaces, dans les jardins, dans la Chapelle royale) et complète sa présentation par des extraits vidéo et musicaux. Enfin, il y a la discussion entre lui et les élèves…


Sur Orange-innovation.tv, un reportage vidéo sur Versailles en direct.

Cette innovation technologique inédite est rendue possible via un système de visiophonie mis en place par Orange et développé par la société Anotherworld, société essaimée de France Télécom-Orange. Déployée en collaboration avec les rectorats partenaires, cette expérimentation à grande échelle est une première pédagogique. Et en 2012, ce dispositif s’ouvre à l’ensemble du territoire français.

Jardins de Versailles : de nouvelles dimensions à la visite

Après avoir été testée fin 2009 par plus de deux cents visiteurs, la version définitive de l’application pour iPhone ou Smartphone Android, Jardins de Versailles, permet aux visiteurs de découvrir les jardins de Versailles sur place ou à distance. Elle propose de nombreux contenus spécifiques audio et vidéo où interviennent les meilleurs spécialistes du domaine de Versailles (conservateurs, architectes, jardiniers, fontainiers).

La visite sur place intègre deux modules innovants, la géolocalisation et la réalité augmentée, qui s'activent dès que le visiteur arrive dans les jardins de Versailles.


L’appli iPhone et Android «Jardins de Versailles – visiter les jardins autrement».

La géolocalisation, qui utilise les photos aériennes d’InterAtlas distribuées par Spot Image, permet de se localiser immédiatement, d’accéder à une vue d’ensemble des jardins et de pouvoir accéder à des contenus qui sont eux-mêmes géolocalisés. Ainsi, le visiteur obtient des informations en lien direct avec sa localisation dans les jardins.

Les fonctions de réalité augmentée sur mobile mises en œuvre par les Orange Labs permettent aux visiteurs d’ouvrir une fenêtre virtuelle sur les jardins. Ils accèdent ainsi à des informations en superposition à l’image filmée par le mobile.

Orange et le Château de Versailles ont également développé une visite virtuelle pour ceux qui souhaitent préparer leur visite en amont ou qui ne pourraient pas se rendre aux jardins de Versailles. Cet accès à distance propose des contenus vidéo, audio et photo, localisés sur une carte du domaine. Tous ces contenus sont embarqués dans l’application et peuvent donc être consultés hors connexion.

Un robot pour des visites à distance

En juin 2007, les abonnés à la fibre optique d'Orange ont pu visiter à distance certaines salles du château, comme la collection des salles Chimay, généralement fermées au grand public. Soit une visite «virtuelle» depuis son PC, à cette différence près (et elle est capitale) que cette visite pouvait se dérouler réellement, en direct, grâce à un robot mobile équipé d'une caméra.

Le Robuter de Robosoft est un robot «intelligent» : il peut proposer des visites à thèmes, préprogrammées, ou être télécommandé directement par les internautes. L'image panoramique captée était transmise en direct via Internet grâce à la fibre optique et à un système de visiophonie développé dans les Orange Labs. Ainsi, les visiteurs, partis à cette occasion à la découverte d'œuvres du XIXe siècle, ont pu effectuer lors de ces visites gratuites d'une durée de vingt minutes des zooms sur les détails des tableaux et entendre un commentaire audio explicatif.

Ce projet expérimental de «téléprésence active», avec prise en main de l'outil par le visiteur (en l'occurrence l'internaute), a plusieurs objectifs. Il vise, d'une part, à proposer de nouveaux moyens d'accueil, notamment pour les personnes à mobilité réduite ou éloignées, qui peuvent se connecter depuis chez elles, mais aussi pour les publics scolaires et les résidents à l'étranger... Il cherche d'autre part à concilier visite et gestion patrimoniale, en offrant l'accès à certains espaces habituellement fermés au plus grand nombre tout en préservant l'autre mission du château musée, à savoir la conservation et la protection du patrimoine.


Le Robuter de Robosoft, leader européen de la robotique de service, un robot «intelligent» capable de zoomer sur des détails.
© Orange - EPV/Christian MILET (2007)

Des webcams pilotables au château

Février 2008. Dans le prolongement de l'expérimentation du robot que l'on peut diriger à distance, et dans le même esprit de visite en «live», le Grand Versailles numérique mène un nouveau projet : des webcams de haute définition sont installées dans différents endroits du château, afin d'offrir aux internautes des visites virtuelles d'une rare «réalité»...

Deux webcams sont implantées dans la Chapelle royale. La première permet de découvrir la perspective depuis l'orgue, tandis que la seconde, placée à 18 mètres de hauteur, explore la voûte et en révèle les détails invisibles à l'œil nu. En extérieur, trois webcams permettent une découverte panoramique des jardins depuis les fenêtres hautes de la Galerie des Glaces, face à la grande perspective de Le Nôtre. Elles détaillent la façade du château et donnent accès au domaine champêtre du hameau de Marie-Antoinette depuis le milieu de l'étang.

Dans une phase test pendant l’été 2009, ces cinq caméras sont intégrées à l'ensemble de l'offre en ligne du Château de Versailles. Des zooms sur des détails, assortis de commentaires historiques sont proposés à l'internaute. En outre, celui-ci peut prendre des photos qu'il retrouve dans un album à télécharger à la fin de son parcours. Et depuis 2011, ce dispositif de captation en «live» trouve comme nous l’avons souligné une nouvelle application dans «Versailles en direct», l’expérience pédagogique de visites interactives à distance pour des élèves de toute la France.

Le Petit Trianon en 3D

Autre projet de recherche et d'expérimentation qui vise à imaginer, tester et déployer la visite culturelle numérique du XXIe siècle : la numérisation et la modélisation en trois dimensions des appartements du Petit Trianon. L'objectif est de disposer d'un modèle complet en trois dimensions du Petit Trianon, ameublement compris.

La première idée consiste à reconstituer mais aussi expliquer des installations mécaniques aujourd'hui disparues ou non visitables, comme le mécanisme des «tables volantes», disparues, et des «glaces mouvantes», non visibles. Ensuite, il s'agit de réunir des œuvres picturales ou mobilières qui ne sont plus présentes ou de réaliser une visite virtuelle des appartements de Marie-Antoinette et du Roi qui restent inaccessibles à certains publics. Enfin, le projet permet d'accéder, via des interfaces 3D, aux bases de données contenant les objets numérisés (mobilier, sculptures, gravures, peintures, ...), et de proposer, lors de la visite virtuelle, la simulation de différentes époques d'ameublement des appartements.

Les dix pièces du premier étage sont numérisées avec un scanner laser 3D générant plus de 150 millions de points 3D. Le mobilier (une cinquantaine de pièces, du bras de lumière Thomire au canapé Jacob, en passant par une console Schwerdfeger) est numérisé avec un autre scanner laser, travaillant quant à lui par triangulation. Cette étape, rendue complexe par la nature des matériaux utilisés (bronze, dorures, marqueterie, tissus,...) fait appel à des méthodes de reconstruction 3D hybride. Pour numériser un meuble dans ses moindres détails, il faut entre 4 et 6 millions de points 3D. La qualité visuelle des espaces intérieurs (textures des murs, des sols, des décors peints) est réalisée par plus de 300 clichés à 12 millions de pixels.

Depuis 2010, la visite 3D est proposée en ligne mais également sur des terminaux installés au rez-de-chaussée du Petit Trianon.


La vidéo de présentation du Petit Trianon en 3D.

Et Versailles dans son fauteuil

Le site Internet du château de Versailles, qui attire 5 millions de visiteurs virtuels par an, fait naturellement partie du Grand Versailles Numérique. Bien plus qu’une simple vitrine, il offre aux internautes du monde entier la possibilité de s’immerger littéralement dans ce haut lieu de la culture patrimoniale, lieu phare de la culture mondiale. Son portail «multimédia», en particulier, en est l’illustration.

Décliné en sites autonomes, celui-ci permet d’accéder à la  «mémoire vive» du château : expositions temporaires (dont celles des artistes contemporains Jeff Koons et Xavier Veilhan), parcours et présentations 3D, visite virtuelle du château et de ses chefs d’œuvres sur Google Art project, musée de l'Histoire de France, Orangerie 3D, Versailles vu du ciel, Versailles en direct, etc.

On peut également se connecter aux sites communautaires dédiés (Facebook, Twitter, Flickr, YouTube), ou encore partager ses photos souvenirs (les visiteurs du monde entier sont conviés à faire parvenir leurs photos «de famille» pour illustrer une histoire de la photographie souvenir à Versailles) ou contribuer par ses commentaires éclairés à l’enrichissement des pages Château de Versailles sur Wikipédia...

Écouter une présentation de l’expérimentation «Jardins de Versailles» :

Laurent Gaveau (Versailles) et Emmanuel Mahé (Orange) parlent de l’application après son test de 2009…

Durée : 2mn Télécharger

Et pour aller plus loin

 

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