L'urbaniste et philosophe Paul Virilio est une vigie des temps présents, qui depuis des années travaille à dévoiler l'envers du progrès technologique, le négatif des révolutions de l'Internet ou de la mobilité. Ses propos peuvent sembler très exagérés, mais ils sont éclairants, voire indispensables à qui veut comprendre son époque en toute lucidité.
C'est à l'occasion de l'exposition «Terre natale, Ailleurs commence ici», à la Fondation Cartier jusqu'au 15 mars 2009 et dont Orange est partenaire, que nous avons rencontré Paul Virilio. Il nous parle de la terre natale et du danger qu'elle devienne une «terre fatale» pour nous autres, terriens, qui en sommes encore les habitants. Il nous explique également comment, dans cette «terra nova», nous devenons de nouveaux sédentaires, partout chez nous car en permanence connectés, alors qu'apparaissent des nomades par défauts, nulle part chez eux, dans des tentes et autres camps de transit. Il nous initie enfin à son «université du désastre», dont les conversations qu'il mène à la Fondation Cartier à partir du lundi 1er décembre à 19 heures, puis à Sciences Po, pourraient être les prémisses.
Écouter l'entretien dans sa globalité ou en cinq moments, au fur et à mesure de la lecture :
Paul Virilio est professeur émérite à l'École Spéciale d'Architecture à Paris, ancien directeur et président de cette institution entre 1968 et 1998. En 1990, il devient directeur de programme au Collège International de Philosophie sous la direction de Jacques Derrida. Depuis 1992, il est membre du Haut Comité pour le logement des défavorisés. Il est depuis 1973 directeur de la collection «l'Espace Critique» aux éditions Galilée, qui ont publié la plupart de ses ouvrages. Depuis 1991 et l'exposition «La Vitesse», organisée à Jouy-en-Josas, il a collaboré à plusieurs expositions de la Fondation Cartier pour l'art contemporain. Parmi ses livres, tous aux Éditions Galilée, citons «L'Université du désastre» (2007), «L'accident originel» (2005), «Ville panique» (2004), «Ce qui arrive» (2002), «Un paysage d'événements» (1996) ou encore «L'art du moteur» (1993).
Pour en savoir plus sur l'exposition «Terre natale, Ailleurs commence ici» à la Fondation Cartier et la série de «conversations» avec Paul Virilio :
http://fondation.cartier.com/