Scenocosme, le numérique distille du rêve

Les installations sensibles et interactives d’un étonnant duo d’artistes

Akousmaflore (2007-2013) : végétaux musicaux sensibles et interactifs

Akousmaflore est une installation interactive dans laquelle le public est invité à toucher et à caresser de vraies plantes suspendues dans l’espace. A chaque contact, les lierres, pothos ou autres essences de ce petit jardin s’expriment par des sons, chacune différemment, et en fonction de l’intensité du toucher du spectateur.

La musique des plantes

La force de cette œuvre réside surtout dans la surprise, l’émotion qu’elle suscite, sa dimension poétique, la part d’imaginaire qu’elle nourrit.

Scenocosme considère d’ailleurs Akousmaflore comme l’une de ses œuvres maîtresses, car elle va à l’essentiel, ce qui est souvent le plus dur à atteindre pour un artiste. Au premier regard, il s’agit d’une simple installation de végétaux, car la part technologique n’est pas mise en évidence. En réalité, ce travail d’hybridation entre le vivant et la technologie a pour objet de révéler l’invisible, de nous en apprendre davantage sur nos comportements et notre relation à notre environnement. Avec cette œuvre, le duo d’artistes propose une expérience sensorielle qui questionne nos relations énergétiques invisibles avec les êtres vivants.

L’aura électrostatique d’un individu n’est pas perceptible à l’œil nu. Ici, chacun est mis face à cette part méconnue de lui-même, ce qu’explique Grégory Lasserre :

Lorsque les gens touchent ou caressent vraiment l’une des plantes, il se passe quelque chose de très étonnant, qui les surprend, qui les fait sourire, quelque chose qui suscite une émotion immédiate.

Chaque plante fait office de capteur. Le contact produit des sons, subtilement réglés par les artistes, selon des scénarios sonores prédéfinis, combinés avec une approche intuitive liée à la forme de la plante, la texture de ses feuilles, etc. Chacune a donc son langage, sa voix, son caractère sonore propre. Les plantes deviennent ainsi des instruments de musique sensibles, dont peuvent jouer le spectateur en solo ou plusieurs spectateurs pour former une sorte de chorale de chants végétaux. Les plantes réagissent à l’intensité énergétique électrostatique qu’elles perçoivent quand on les touche. Même un simple frôlement peut provoquer une réaction.


Akousmaflore au Daejeon Museum of Art (Corée du Sud) / Exposition : Energy (sept - nov 2012).

Comme le dit Anaïs met den Ancxt :

On peut être spectateur et agir et ressentir quelque chose face à la plante, mais ce qui est important dans ce type de création c’est aussi de se mettre en retrait et de voir les spectateurs agir.

Aucune présentation d’Akousmaflore n’est identique à une autre : en fonction des lieux d’expositions, les plantes ne réagissent pas de la même façon. Tout simplement parce que l’environnement énergétique de l’espace d’exposition joue aussi, et qu’il n’est jamais identique d’un lieu à l’autre. Cette dimension aléatoire, l’imprévu, est une composante du travail de Scenocosme.

Akousmaflore a été installée pour la première fois à Lyon en décembre 2007 pour la Fête des Lumières, puis dans de nombreux espaces partout dans le monde, par exemple au Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Ecosse d’Halifax au Canada, en 2010 et 2011. Elle est visible du 5 juillet au 25 août 2013 dans le cadre du festival a-part au Château des Alpilles de Saint-Rémy-de-Provence.

Et pour aller plus loin

Tout sur Akousmaflore et ses diverses installations sur la page dédiée du site Internet de Scenocosme.

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